Hackers, Makers, la science des amateurs (2016) AB

Lundi 20/03 19h30

52min
France
Anne-Cécile GENRE

Depuis l’apparition d’Internet il y a une vingtaine d’années, les hackers, ou pirates informatiques, ont créé une culture du partage d’informations. Ils ont fédéré autour d’eux un réseau toujours plus étendu d’internautes s’affranchissant des lois et des logiques de marché.
Désormais cette communauté de hackers agit bien au-delà d’Internet. Par le biais de nouveaux mouvements appelés Makers, Biohackers ou encore Bodyhackers, les pirates s’attaquent aujourd’hui à domaines bien réels. Ils ont presque tous en commun d’être amateurs, et pourtant, ils pourraient bientôt faire des découvertes majeures et changer durablement notre façon de concevoir la science et le monde.
L’open source, un mode de travail collaboratif, sans propriété intellectuelle sur lequel repose la communauté des hackers, a fait ses preuves dans le monde réel. Au sein des ateliers partagés appelés hackerspaces, des innovations voient le jour qui donnent aux hackers toujours plus de pouvoirs. L’imprimante 3D grand public et les puces électroniques programmables sont les principales, et elles sont révolutionnaires : elles traduisent en formes et en actions concrètes de simples lignes de code informatiques.
N’importe qui équipé d’un ordinateur peut désormais prototyper et programmer à peu près n’importe quel objet. Les possibilités sont infinies, et ce sont désormais les citoyens qui ont le pouvoir de création. Cependant l’indépendance des hackers n’est pas sans danger : leurs expériences sont parfois à la limite de la légalité, et ils ne sont protégés par aucune instance de régulation. C’est le cas des bodyhackers, qui prennent leur propre corps comme cobaye, ou encore des brain hackers, dont les transmissions électriques intra crâniales ne sont pas sans rappeler les électrochocs. Et pourtant ils font avancer la science à leur manière.
Même la génétique, pourtant jusque-là réservée aux laboratoires professionnels, est devenu le terrain de jeu des biohackers amateurs. Grâce à une nouvelle technique de réplication de segments précis de l’ADN, la PCR, ils peuvent désormais programmer les bactéries comme des ordinateurs.
Qui sont les Makers, ces Hackers du réel ? Quels sont leurs outils, leurs réseaux ? Comment sont-ils en train de changer la science, et peut-être le monde ?


From internet’s rising over 20 years ago, hackers have created an information pirating culture. They have gathered around them an always growing user network, taking freedom from laws and market logics.
Nowadays, this community influences way more than internet. Using a medium called Makers, Biohackers, or Bodyhackers, pirates challenge very real topics. They all have one thing in common : they are amateurs. Yet they could soon make major breakthroughs and durably change our view of science and the world.
Opensource, a way of workink collaboratively, without intellectual property, which the community places its bases on, has made its way into the real world. Into local workshops called hackerspaces, innovations are made, which give hackers more power everyday. 3D printer and programmable electronic chips are the big ones, and are revolutionnary : they translate simple codes into concrete forms and actions.
Anyone well equiped can now make prototypes and program any object. There are infinite possibilities, and now citizens have the power to create. Yet hackers’ freedom is not without danger : their experiments are sometimes barely legal, and are not protected by any regulations. It’s the case of bodyhackers, who take their own bodies as experiments, or brain hackers, whom « intra-brain electronic transmissions » make us think of electroshocs. And yet they make science evolve, in their own way.
Even genetics, yet until now the field of professional researchers, is the playground of amateur biohackers. Thanks to a new DNA segment replication technique « PCR », they can now program bacterias like computers.
Who are the Makers, real-life hackers ? What are their tools, their networks ? How are they changing science, and maybe the entire world ?